Le général Vo Nguyên Giap est né le 25 août 1911 à An Xá (Viêt Nam). Il fut un général vietnamien pendant la guerre du Viêt Nam et la guerre d'Indochine, vainqueur de la bataille de Ðiện Biên Phủ.
Le général Vo Nguyên Giap est entré dans l’histoire militaire et les études militaires et stratégiques de son vivant, admiré par ses amis et ennemis loyaux, dont le général français Raoul Salan et le général américain William Westmoreland. Même après la capitulation inconditionnelle de la garnison française de Ðiện Biên Phủ en mai 1954, les Français ont refusé longtemps de conférer le titre de "général" à Võ Nguyên Giáp, ce dernier n'ayant fait aucune académie militaire et encore moins l’École Militaire de Paris. Grand intellectuel, il a bloqué l’opération "Xénophon" de secours pour Ðiện Biên Phủ.
Né en 1911 à An Xá, dans la province du Quảng Bình, Võ Nguyên Giáp est un fils de mandarin. Dès l'âge de 14 ans, il commence à militer contre la présence française. Il reçoit l'éducation du lycée français et participe au mouvement communiste dès les années 1930. Il poursuit des études d’histoire, de droit et d’économie à Huế, puis à Hanoï. Dans cette ville, le poète réunionnais Raphaël Barquisseau est son professeur. En 1937, Giáp devient lui-même professeur d’histoire à l’école Thang-Long à Hanoï et adhère au parti communiste en 1939.
L'année suivante, celui-ci fut déclaré illégal. Il s’enfuit en Chine, où il devient le protégé de Hồ Chí Minh, qui fera de lui un solide aide militaire. En 1944, il fonde l'Armée populaire vietnamienne (APV). Après le coup de force des Japonais du 9 mars 1945, il profite de la disparition de l’administration française pour intensifier le recrutement de membres du Viêt-minh.
Võ Nguyên Giáp devient ministre, chargé des forces de sécurité, du premier gouvernement Hồ Chí Minh, et à ce titre organise des « purges », dont sera victime en 1951 le lieutenant-général Nguyen Binh. En 1946, il est nommé ministre de la Défense nationale de la République démocratique du Viêt Nam. C'est lui qui dirige les actions militaires contre les Français. Il est notamment le vainqueur de la bataille de Ðiện Biên Phủ (mai 1954), qui entraînera la signature des Accords de Genève et l'indépendance du Vietnam et lui vaudra une reconnaissance et une grande estime de son peuple et de son armée.
En 1960, la guerre du Viêt Nam éclate contre les Vietnamiens et les États-Unis. Fin stratège, Giáp joue un rôle déterminant dans les luttes d'indépendance du Viêt Nam. Il dirige les opérations de l'armée populaire du Vietnam et force les Américains à quitter le Sud du pays. Il obtient la victoire lors de chute de Saïgon notamment grâce à la « campagne Hồ Chí Minh » de 1975 durant laquelle Giáp lance ses célèbres mots d'ordre aux soldats communistes : « rapidité, audace et victoire sûre ».
Le général Giap qui, grâce à ses manœuvres souvent anticonformistes, fut un génie militaire, a la réputation de n'avoir jamais connu la défaite. Il faut distinguer ici la légende de la réalité : en 1972 ses troupes subirent un grave revers lors de la bataille de Kontum — l'homme par qui Giap fut défait était un stratège civil américain, ancien lieutenant-colonel exclu de l'armée pour ses positions critiques face à la stratégie de Westmoreland, du nom de John Paul Vann.
En 1975, il participe à la réunification du Viêt Nam. Il démissionne du poste de ministre de la Défense en 1980. En 1982, il est exclu du bureau politique du parti communiste vietnamien (PCV), officiellement pour des raisons d'âge et de santé, mais on parle de divergences avec les deux hommes forts du Viêt Nam, le secrétaire général du PCV Lê Duẩn et le chef de la commission d'organisation du PCV, Lê Đức Thọ. Cependant, il reste vice-premier ministre jusqu’en 1991 et il est réhabilité lors du 6e congrès du PCV en 1986. Võ Nguyên Giáp vit aujourd'hui retiré à Hanoï, mais s'exprime régulièrement sur l'évolution politique de son pays.